À partir de novembre 2026, tous les élèves, de la grande section à la terminale, seront invités à répondre à un questionnaire sur les violences sexuelles, en parallèle de celui consacré au harcèlement. Une nouvelle étape dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) à l’école.
Lors de sa conférence de rentrée, le 25 août, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé la mise en place de ce questionnaire, dont les questions seront adaptées à l’âge des élèves. Ses modalités doivent encore être définies avec des pédopsychiatres, des représentant·es des personnels, des parents d’élèves et des chef·fes d’établissement.
L’objectif est de permettre aux élèves de signaler plus facilement une situation de violence et aider les équipes éducatives à mieux repérer les victimes. Les élèves qui souhaiteront s’identifier pourront demander à parler à un adulte de confiance.
Le dispositif s’accompagne d’un vaste plan de formation des personnels de l’Éducation nationale. Il doit leur permettre de mieux connaître les VSS, de repérer les situations préoccupantes et de savoir comment réagir lorsqu’un ou une élève se confie.
La prévention constitue également un volet essentiel. Le ministère demande que 100 % des élèves bénéficient de trois séances d’EVAR-S (éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité) chaque année. Ces séances doivent notamment permettre aux jeunes de mettre des mots sur des situations qu’ils vivent ou observent, y compris en ligne, et de connaître les adultes et les ressources auxquels ils peuvent faire appel. Pour les collégiennes et lycéennes, ces temps peuvent notamment aider à mieux identifier des comportements parfois banalisés : propos sexistes, pression, gestes non consentis, diffusion d’images intimes ou violences sexuelles.
Ces annonces s’inscrivent dans le plan « Brisons le silence, agissons ensemble », consacré à la prévention et à la lutte contre les violences en milieu scolaire. L’enjeu est désormais de transformer la détection en véritable accompagnement : recueillir la parole ne suffit pas, encore faut-il que les jeunes trouvent face à eux des adultes formés, disponibles et capables d’agir.
Cette mobilisation dès le secondaire est essentielle pour faire évoluer durablement les comportements et prévenir les violences tout au long du parcours scolaire et étudiant. En intervenant plus tôt, l’école contribue à mieux faire connaître le consentement, les comportements sexistes et les mécanismes des violences, mais aussi à donner aux jeunes les clés pour les identifier, les prévenir et les signaler. Un travail qui peut contribuer à réduire les risques de VSS dans l’enseignement supérieur et à faciliter leur prise en charge lorsqu’elles surviennent. Universités et écoles d’ingénieur·es sont déjà engagées depuis plusieurs années dans la prévention, le signalement et l’accompagnement des victimes : la sensibilisation menée dès le collège et le lycée constitue donc un maillon essentiel de cette continuité, pour construire progressivement une culture commune de prévention et de lutte contre les VSS.





